À mort la peine de mort

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Dans le monde, 58 pays appliquent encore la peine de mort. 2390 personnes ont ainsi été exécutées depuis le début de l'année, d'après des estimations d'Amnesty International. Un combat de longue haleine qui se joue également là où la peine a déjà été abolie. / De notre journaliste Camille Leroux


Les progrès réalisés depuis les années 1990 renforcent notre conviction que notre combat est un long chemin qui va aboutir», estime Frank Wies, d'Amnesty International. Car 55 pays ont aboli la peine de mort depuis les années 90, dont le Canada, le Mexique, l'Argentine, l'Arménie et tout récemment le Togo. Et l'assemblée des Nations unies a adopté en 2008 un moratoire sur la peine de mort - «rien de juridiquement contraignant, mais un signal fort de la communauté internationale», pour Amnesty International.
De quoi donner de l'espoir, même si l'abolition dans le monde entier reste une utopie. Si le nombre d'exécutions diminue - plus de 3000 en 2008, 2390 depuis le début de l'année - ces chiffres ne sont pas officiels. Beaucoup de pays ne les communiquent pas, au premier rang desquels la Chine : 1700 cas recensés par le gouvernement, mais plus de 6000 d'après les associations sur place. Aux États-Unis, le Nouveau-Mexique est le 15e État à avoir aboli la peine de mort. Il y a aussi les couloirs de la mort : au Pakistan, 7000 condamnés attendent ainsi leur exécution.
En Europe, le «dernier bastion de la peine de mort» est la Biélorussie.
Pour cette 7e journée internationale, c'est le thème des mineurs délinquants qui est mis en exergue. Quatre pays pratiquent la peine de mort en ce qui concerne des individus ayant commis un meurtre alors qu'ils étaient mineurs. Il s'agit de l'Iran, du Yémen, de l'Arabie saoudite et du Soudan. «Ce n'est pas un hasard si ces pays appartiennent tous à la Ligue arabe», commente Armelle Ono, de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT). «La charte arabe des droits de l'Homme n'interdit pas l'exécution quand elle est rendue possible par la loi, et pour ces pays, la loi islamique est au-dessus des traités internationaux sur les droits des enfants ou les droits civils et politiques.»

«Coupable ou pas, peu importe»

Le cas des mineurs délinquants révolte les ONG. «Nous avons été très choqués de l'exécution de Delara Darabi, une Iranienne de 22 ans, pour un meurtre commis lorsqu'elle avait 17 ans», relate Armelle Ono. «Coupable ou pas, peu importe, son exécution signifie qu'on balaie tout espoir de réhabilitation.» Une pétition sera d'ailleurs remise aux quatre pays concernés le 20 novembre prochain, à l'occasion du 20e anniversaire de la convention de l'ONU relative aux droits des enfants.
Cette journée internationale doit interpeller les dirigeants et la population des pays qui pratiquent encore la peine de mort, mais aussi l'opinion publique du reste du monde. «Il faut rappeler pourquoi la peine de mort est contraire à la dignité humaine, pour que les générations futures mènent ce combat jusqu'au bout», explique Frank Wies.

Au Luxembourg, le documentaire In Prison My Whole Life, de Marc Evans sera projeté au cinéma Utopia demain à 19 h.
Samedi, rendez-vous à 19h au musée de l'Histoire de la ville. La danseuse chorégraphe Dania Antinori et le percussionniste Simon Stierle accompagneront la projection de vidéos sur la peine de mort.
À voir également dans ce musée et jusqu'au 28 mars 2010, l'exposition «Crimes de sang» qui explore l'histoire de la peine de mort et provoque la réflexion.

source:lequotidien.editpress.lu

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